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Mémoire collective AG 2017


 
Mémoire collective : AG de Bergues 2017
                Chers collègues,
                C’est toujours la même chose, à chaque fois que je m’apprête à écrire mon article de mémoire collective, le plus difficile est de trouver le sujet. Pour ce faire, j’ai l’embarras du choix. Soit que je feuillette les copies des Greffiers que Jean et Patrick ont récupérées à la suite de leur épopée à la BNF à Paris il y a de cela 8 ou 9 ans, soit que je compulse le « Centenaire » qui est paru en 2011 et dans lequel sont répertoriés les articles intéressants de notre revue syndicale. Qui consulte encore, de nos jours, ce « Centenaire » ? Quelques nostalgiques, peut-être … et encore !
                Mais pour aujourd’hui, rien de tout cela. J’avais d’abord pensé, voyant qu’on approchait irrémédiablement de la fin, à rappeler les différentes étapes et les orientations à diverses époques de notre organisation syndicale, et ceci au travers d’articles cultes ou d’interventions mémorables lors des AGN. Puis je me suis ravisé. J’ai consulté tous les articles de mémoire collective que j’avais écrits depuis que je tiens cette rubrique en 2011. J’ai déjà évoqué quelques AG au temps de notre splendeur… J’ai retracé la mémoire de certains de nos anciens dirigeants, tel Alphonse DENIZE (c’était en 2014 à Niederbronn-les-Bains), j’ai rappelé dans différents articles l’œuvre d’autres anciens SGN comme Camille BECHU ou Joseph ANDRE. Mais je me suis aperçu que je n’avais fait qu’évoquer en quelques lignes un autre SGN qui a marqué de son empreinte notre syndicat, pourtant ce n’est pas lui qui a « régné » le plus longtemps. Il s’agit de Paul CHAUSSEBOURG. Je ne sais pas combien d’articles de mémoire collective il me sera encore donné le loisir d’écrire, mais je ne pouvais laisser cette rubrique s’éteindre sans évoquer notre SGN qui a été surnommé, à juste titre vous allez pouvoir le constater,  le « poète ».
                Bien entendu, moi qui suis arrivé très tardivement au sein de nos instances syndicales, je ne l’ai pas connu et la plupart d’entre vous non plus, tout au moins lors de ses mandats de SGN. Succédant à Alphonse DENIZE, Paul CHAUSSEBOURG a été élu pour la première fois au CSN en 1955 au congrès de Carcassonne et a été tout de suite chargé du dossier de simplification des démarches administratives (on en parlait déjà à cette époque … et c’est toujours d’actualité !). C’est en avril 1964, au congrès de Strasbourg, qu’il accède à la fonction de SGN, poste qu’il occupera pendant deux mandats, soit jusqu’en 1970 quand il sera remplacé par l’un de ses adjoints, André CARON. Il restera ensuite SG honoraire pendant 29 ans jusqu’à son décès début 1999 sous le mandat de Christian DEBERT. C’est pendant son honorariat que certains ici l’ont sans doute côtoyé  à l’occasion d’assemblées générales (de congrès, disait-on alors) : je pense à André BERTOCCHI qui a été notre trésorier national dans les années 1970, puis à Claude et Jacques qui font encore partie du CSN.
                Il est difficile de parler de quelqu’un quand on ne l’a pas connu. Tout ce que l’on peut dire et faire dans ce cas, c’est rappeler les grandes lignes de son action et certaines de ses interventions. Pour cela, je n’ai qu’une seule source d’information, c’est celle de notre Greffier. Je n’ai donc pas la prétention de vous tracer son portrait le plus complet possible. Puisqu’il a été surnommé « le poète », c’est sur cet aspect là que je vais surtout insister, mais je suis bien conscient qu’il ne s’agit pas de la partie principale de son oeuvre. Quant à son action syndicale proprement dite, elle fut importante certes. A l’époque, la tâche de SGN requérait bon nombre d’interventions auprès de nos responsables et dirigeants, de réunions avec les organisations dites « amies », … Mais elle fut dans la même lignée que celle de ses grands prédécesseurs puis de ses successeurs. Durant la durée de ses mandats à la tête de notre syndicat, il a toujours essayé de défendre notre fonction en mairie, notamment contre les menaces qui pesaient déjà à cette époque avec les projets de réforme de l’administration communale. Mais il a aussi pensé sans cesse à notre fonction première qui est celle d’instituteur : défenseur infatigable de notre belle école laïque, combien d’interventions, de motions prises a-t-il engendrées puis soutenues devant nos responsables politiques afin que l’école rurale (et donc les S.M.I.) puisse continuer à vivre dans les meilleures conditions possibles ?
                Elu donc en 1964 avec 8 voix sur 13 suffrages exprimés, il accède au poste de SGN. Dans sa première intervention, il précise qu’il accepte provisoirement (il avait quand même été candidat !) à condition que ses camarades élus avec lui au CSN prennent des tâches précises dont ils auront la responsabilité. Il se dit honoré que ce soit l’un des représentants d’une des plus petites sections du centre-ouest de la France qui soit porté à cette fonction de SGN (il était originaire du village de Mignaloux-Beauvoir à quelques kilomètres de Poitiers, où il enseignait, à cette époque, avec son épouse depuis 33 ans). A cette date, le syndicat comptait encore 11 045 adhérents (8 749 actifs et 2 296 retraités). Il s’inquiétait déjà de la baisse des effectifs qui avaient atteint leur sommet en 1955 avec 13 672 syndiqués. Si cela pouvait représenter l’altitude du Mont-Blanc, je dirais que maintenant nous n’en sommes pas encore arrivés à celle de Bergues, ou de la Flandre maritime dont certains régions sont situées sous le niveau de la mer, mais nous sommes dans les collines d’Artois toutes proches et sur la pente descendante. Nous avons beau freiner, mais nous nous dirigeons irrémédiablement vers la mer !
                Mais revenons à Paul CHAUSSEBOURG. Son premier éditorial paru dans le Greffier 232 et intitulé « Vacances 1964 » est qualifié dans le Centenaire comme étant à tonalité romancière, voire déjà « poétique ». Il n’est pas très long et je vous en donne la lecture intégrale (texte n° 1).
                Comme je l’ai déjà précisé ci-dessus, le syndicat s’occupait bien évidemment de notre fonction en mairie mais aussi de l’école, et surtout de l’école rurale. C’est ainsi que dès le début de son mandat, le syndicat réagit et lance un cri d’alarme contre une circulaire du 28 juillet 1964 qui prévoit la suppression des classes de moins de 16 élèves et, dans les écoles à 2 ou plusieurs classes, la suppression d’un poste quand l’effectif moyen ne dépassera pas 35 élèves. L’école rurale était - déjà - menacée de disparition dans beaucoup de petites communes.
                Le congrès de 1965 a eu lieu à Bordeaux et, dans l’encart photo, on peut voir Paul CHAUSSEBOURG intronisé par la jurade de St-Emilion et revêtu de la tunique (pour les collègues du Pas-de-Calais, on y voit également René BARRAS à l’assaut de la dune du Pilat). Peut-être que tout à l’heure, au moment de se mettre à table, Marcel, notre SGN actuel, va se faire introniser dans le grade de grand-maître de la confrérie de la frite-fricadelle !!!
                Toujours en 1965, le Greffier change de format car il a un nouvel imprimeur : Fabrègue à Saint-Yriex. P. C.en profite pour faire valoir ses talents de dessinateur en proposant une nouvelle couverture qui sera d’abord en noir et blanc puis colorisée avec une couleur propre à chaque saison (notre revue était alors trimestrielle). Le plumier est remplacé par l’école-mairie sous le châtaignier. A propos de ce châtaignier, voici ce qu’en dit son auteur (texte n° 2). Je suis allé voir sur google maps, j’ai bien trouvé Bois l’Ami, mais je n’ai rien reconnu qui ressemblât à la couverture du Greffier.
                P. C. était très attaché à maintenir l’échelon régional dans l’organisation générale du syndicat. Dans son édito du 3ème trimestre 1966, il précise notamment : « C’est vraiment à cet échelon syndical que se prépare le bon travail dans l’amitié et presque toujours l’unité de vue, c’est là que se préparent les jeunes talents, la relève de demain. C’est là aussi que […] l’occasion nous est offerte d’échanger avec des élus et des fonctionnaires de l’état nos points de vue, d’affirmer notre présence et de confirmer notre attachement à une forme républicaine et libérale de l’administration. »
                En 1967, le congrès se tient au Touquet et voici comme il l’annonce dans son édito (texte N° 3). Décidément, cette mauvaise image du climat de notre région ne date pas d’hier et Dany Boon, Kad Mérad et Michel Galabru n’ont rien inventé ! Lors de son bilan de premier mandat à la tête du syndicat à ce congrès du Touquet, il précise qu’il s’est agi pour le bureau national plus de maintenir que de conquérir, plus de conserver que d’étendre. […] L’essentiel des objectifs ont été orientés vers le maintien de la fonction (de secrétaire de mairie) et par conséquent en opposition avec les projets de modifications des structures communales par la voie de la Réforme municipale. Déjà donc, il y a 50 ans, on parlait de la suppression des petites mairies allant de pair avec la suppression de notre double fonction. Ceci est d’ailleurs toujours d’actualité (je veux parler de la suppression des petites communes et de leur regroupement sous le joug de la commune centre-bourg).
                Au Touquet, 441 délégués élisent le nouveau Conseil syndical pour 3 ans. Paul CHAUSSEBOURG obtient 395 suffrages. Il est ensuite réélu SGN par 12 voix sur 13 exprimés.
                Le deuxième mandat commence difficilement pour lui. En effet, P. C. tombe gravement malade 4 jours après sa retraite et il est condamné à ce qu’il appelle des « vacances horizontales ». Son édito de l’automne 1967 est empreint de nostalgie, de tristesse même face à un monde qui évolue vers la violence et les égoïsmes. A ce monde, il voudrait substituer (je cite) « celui de la coopération et de la mise en commun pour tendre vers la République universelle chère au poète des Soldats de l’an II. (poème de Victor Hugo)
                Je ne résiste pas à vous lire le texte prononcé par P.C. lors de sa dernière distribution des prix dans son école de Boislamy (texte n° 4).
                La convalescence de P.C. dura quelques mois et voilà comment il exprime cette période de sa vie à l’occasion d’un voyage en train vers Paris (texte n° 5).
                Arrive ensuite la période troublée de 1968. Dans son édito du 3ème trimestre de cette année-là, P.C. revient sur ces évènements. Il s’en prend notamment à l’ORTF et à son manque d’objectivité. Il termine son édito en citant les réformes que le pouvoir en place prépare (suppression du Sénat et des Conseils généraux, création de structures régionales, attaques contre les communes rurales), rien qui n’incite à l’optimisme.
                1969 fut l’année du congrès d’Orléans, congrès que j’ai déjà évoqué dans un précédent Greffier. P. C. y déclare qu’il ne sera pas candidat, l’année suivante, au Conseil Syndical pour raison de santé d’abord, d’âge ensuite et aussi d’ « incompétence ». Il entend par ce dernier terme répondre au vœu de la Régionale Nord voulant limiter aux seuls S.M.I. en activité la possibilité d’être élus au Bureau national (vœu  non adopté bien évidemment). C’était l’époque des joutes oratoires épiques, notamment  avec René BARRAS.
                En 1970, au congrès de Royan, P. C. tire donc sa révérence. Dans la deuxième partie de son rapport moral qui fait ainsi œuvre de bilan de son action à la tête du syndicat, il rappelle que son action et celle du bureau syndical qui l’a entouré a été concentrée sur trois objectifs principaux :
-   la défense des école rurales en évitant la suppression de classes ; il demande pour ce faire au S.N.I. et à la F.E.N. de continuer à combattre pour qu’on n’efface pas les écoles rurales, prélude à l’effacement des communes
-   la défense des communes qui relève de la façon dont sera conçue et réglée la réforme communale et régionale
-   la défense de la fonction S.M.I. qui a été la dominante de l’action syndicale : une priorité est donnée à l’information des jeunes notamment dans les Ecoles Normales mais aussi à la mise en place d’un texte de loi qui pourrait apporter à la fonction de secrétaire de mairie à temps partiel une sécurité de rémunération. Ce dernier point fut une revendication lors de tous les congrès.
 
                Pour clore son dernier rapport moral, P. C. forme un souhait : celui que la léthargie ne s’installe pas, ici et là, et que, l’an prochain, les sections en somnolence aient rénové leurs forces. Et il termine, selon son habitude, par une référence littéraire : « sinon, pensez à la fable « des membres et de l’estomac » et à ce qui arrive quand «  …les mains cessent de prendre, les bras d’agir, les jambes de bouger. »
 
                Voilà, chers camarades, ce que j’ai pu lire et dire de la vie et de l’action de notre glorieux aîné Paul CHAUSSEBOURG. Je suis bien conscient que ceci n’est pas un portrait à proprement parler car il est très très incomplet et est très loin de retracer toutes les multiples actions et les incessants combats qu’il a menés, toujours dans l’objectif d’améliorer nos conditions de travail, aussi bien à l’école qu’à la mairie. En cette année 2017 où nous sentons (mais ça ne date pas de ce jour uniquement, j’en suis bien conscient, je vous rassure) venir la fin de notre syndicat, il ne faut pas oublier que, s’il y a encore quelques S.M.I. en activité par-ci par-là, si notre syndicat continue malgré tout à exister, eh bien, c’est en grande partie à des hommes tels que lui. Je tenais donc à ce que sa mémoire soit rappelée.
 
                Je vous remercie pour votre attention

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