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Histoire du Greffier Municipal


  Histoire du Greffier Municipal 
 

Je suis né en 1919, ayant été conçu près de l’Océan, dans cette Charente qui n’était encore qu’Inférieure.
Je suis, en effet, sorti des presses d’une imprimerie de Pons, qui appartenait à ROBERT, mon père putatif, alors président de la Fédération nationale des S.M.I.
C’est le Congrès national du 22 septembre 1919 qui me baptisa à l’unanimité, en applaudissant ROBERT pour ces paroles : « Il faut que les S.M.I. aient un bulletin, si humble soit-il, mais bien à eux, toujours à leur disposition ».
 
 

 
Humble, certes, je l’étais. Car le papier qui servait à mon tirage était de bien modeste qualité. Il est vrai que, pour m’avoir à leur service, les S.M.I. de 1919 ne versaient qu’une modique cotisation de 2 F.
Je ne paraissais alors que tous les deux mois, et mes pages étaient couvertes des vibrantes, mais fort longues élucubrations de BARBEROT, successeur de ROBERT, à la présidence.
Je vis ainsi jusqu’en 1926 sous la houlette de ROBERT. Mais, à cette date, la Fédération se transforme en Syndicat. ANDRE en occupe le poste de Secrétaire général, et LECLERC, de Seine-et-Marne, devient mon mentor.
 
J’étais alors revêtu d’une humoristique couverture due à la plume experte du caricaturiste S.M. CHASSENERIE, laquelle portait à son fronton les portraits-charges de la plupart des correspondants du « greffier » :
l’officier de l’intendance, le chef de gare, l’infirmière de l’hôpital, le lieutenant de pompiers, le brigadier de gendarmerie, le préfet, le procureur de la République …, image pittoresque de toutes les tâches dévolues au S.M.I.…
 

 
En 1929, j’ai dix ans et je passe sous la direction de BECHU, qui demeurera mon rédacteur jusqu’à la guerre de 1939-1945.
Mais, en 1934, je change de tenue et je deviens parisien.
 
J’abandonne les presses de l’ami ROBERT, le fils de l’ancien président, pour celles de la Société parisienne d’imprimerie.
 
Mon aspect s’améliore, le papier, ainsi que l’impression, sont de qualités bien supérieures.
 
J’ai belle allure.
 
J’abandonne aussi la couverture de CHASSENERIE pour une autre, plus simple, peut-être moins évocatrice de la fonction S.M.I. : la plume d’oie et l’encrier.
 

 
En 1936, je quitte Paris pour la province, pour la colline de Laon, où je sors des machines de l’aimable M. BRUNETEAUX, un imprimeur consciencieux qui me garde jusqu’en juin 1946.
 
Mais en 1940, c’est l’Occupation, et je me saborde. Je ne reviens qu’en juin 1945, alors que BECHU cède la place à celui qui demeurera mon directeur de conscience jusqu’en 1973 : GOSSE.
En 1946, je quitte donc l’imprimerie BRUNETEAUX pour celle, plus moderne de MM. ALLAIN, à Elbeuf. Et je n’ai pas à me plaindre de ce changement puisque je suis encore plus coquet, plus pimpant qu’auparavant.
C’est ainsi que, au cours de ma trente-septième année, sous la houlette de GOSSE, j’atteins mon deux centième numéro. Ce cher René me conduira ainsi jusqu’au numéro 268 (troisième trimestre 1973) où Lucien SAVEANT prendra la relève jusqu’au N° 291.
Je n’ai quitté l’imprimerie ALLAIN qu’en 1977. J’ai profité de toute cette période pour changer de format (au troisième trimestre 1965), de couverture aussi : qui ne se souvient de l’Ecole-Mairie nichée dans la verdure, sous les frondaisons proches du châtaignier séculaire de notre ancien Secrétaire général Paul CHAUSSEBOURG ?
En noir d’abord, en couleur ensuite à partir du N° 249 (quatrième trimestre 1968).
 

 
En 1977, je déménage à Saint Yrieix la Perche où depuis lors je sors des imprimeries FABREGUE, alors que Paul CHAUSSEBOURG m’a refait une couverture régionaliste à partir du troisième trimestre 1979 ?
Mais là, ce fut toute une histoire, écoutez plutôt…ce qu’en disait l’auteur…
  
«  Vous n’avez pas reconnu ce matin, « Le Greffier Municipal ». Il a opté pour le format 21 x 29.7, et son Conseil de famille a voulu, à cette occasion, le présenter sous un aspect nouveau. Il m’a fait l’amitié de me confier le soin de rajeunir sa couverture.
J’avais en 1964, utilisé des thèmes familiers : l’école où j’enseignais et l’un des châtaigniers de Boislamy, personnalisant, sans y penser, la couverture du Greffier. Aujourd’hui, et bien que sur le terrain les châtaigniers de Boislamy se portent parfaitement, leur représentation sur la couverture du Greffier a vieilli, comme l’époque de son auteur…
 
Moderniser la façade de notre vieille revue, telle était dons ma mission : j’ai voulu que la nouvelle illustration soit à l’image des textes, une œuvre commune et diversifiée.
C’est pourquoi j’ai pensé qu’il était possible, sur un fond de France stylisé, de faire apparaître nos sept Régionales et de les personnaliser par un site ou un monument. L’idée d’utiliser les figurines postales dut être abandonnée pour des raisons techniques, sur les conseils de M. DURAND, le spécialiste de l’imprimerie FABREGUE.
La Commission des imprimés me confia alors le soin de préparer, pour chaque Régionale, un dessin à l’encre de Chine, représentatif de chacune d’elles. Nous arrêtâmes ensemble une liste de sujets possibles, qui comportait Arras dans le Nord, Nancy et un site alsacien pour le Nord-Est, les Hospices de Beaune pour la Lyonnaise, Chartres pour la Parisienne, des menhirs ou un port pour l’ouest, le pont suspendu pour Bordeaux ou la forêt landaise pour le Sud-Ouest, Chenonceaux ou le Puy de Dôme pour le Centre.
Cette liste faisait la part grande aux monuments, émanation des villes, au détriment de l’élément naturel dans lequel vit le S.M.I. C’est pourquoi je me suis efforcé, chaque fois que je l’ai pu, d’introduire l’arbre, la terre, l’eau, dans la représentation de nos Régionales.
 
J’ai puisé, le plus souvent, ma documentation dans nos plaquettes de Congrès préparées avec l’amour de la petite patrie par les sections organisatrices, et si je me suis écarté de la liste primitivement fixée, c’est que j’ai été, je dois l’avouer, influencé par la beauté ou la grandeur de certains sujets découverts par hasard, tels les « Bourgeois de Calais », que j’ai trouvé dans l’ouvrage qui me fut offert lors du Congrès du Touquet par René BARRAS.
Raison évidente pour qu’il me pardonne d’avoir « lâché » la place d’Arras, que je ne parvenais pas à mettre en valeur, au profit de la rude silhouette des deux « Bourgeois » de Rodin, évocatrice des qualités de détermination, de richesse de caractère et de générosité des gens du Nord.
 
Pour la Parisienne, j’étais attiré par un très bel ange de Chartres en qui je voyais l’image de son modèle, une belle et solide fille de la Beauce.
Je pensais aussi aux vers de Péguy évoquant la cathédrale de Chartres dressant sa masse imposante et ses flèches au-dessus des blés :
 
« Mais vous apparaissez, reine mystérieuse. Cette pointe là-bas, dans le moutonnement des buissons et des bois et dans le flottement de l’extrême horizon…c’est déjà…ferme comme un espoir sur la dernière côte, sur le dernier coteau, la flèche inimitable ».
 
Nos camarades ont choisi Chartres s’élevant sur les blés. Grâce à Roger PEILLON, j’ai eu très vite la documentation qui me manquait.
 
Pour l’Est, il me fallait choisir entre les versants lorrain ou alsacien des Vosges ; ce n’était pas possible ! Je me suis donc appliqué pendant douze heures à évoquer les grilles de Stanislas –mon record de temps- puis, après avoir hésité entre le nord et le sud, j’ai pensé que nos camarades alsaciens se réuniraient volontiers autour de ces jolis vins parfumés qu’ils nous offrent généreusement quand ils nous reçoivent, et que Riquewihr symbolise.
 
Pour nos amis de la Lyonnaise, j’avais entrepris les « Hospices » de Beaune, dont le charme essentiel provient des toitures aux dessins colorés qu’il m’était difficile de rendre en noir .
J’ai abandonné les Hospices pour le pont de Mâcon sur la Saône, trait d’union entre l’Ouest et l’Est, entre la Bourgogne et les pays du Jura et des Alpes, retrouvant ainsi le thème de l’eau.
Il a d’ailleurs belle allure ce pont sur la rivière tranquille et majestueuse.
 
Dans la plaquette de Rennes, j’ai trouvé les éléments de ma composition bretonne : la maison rurale, le vieux puits, les joueurs de bombarde et de biniou, tableau aimable, paisible et joyeux, évocateur d’un agréable congrès et de bons camarades.
Pour nos amis du Sud-Ouest, je me suis conformer au souhait de leur représentant : évoquer la forêt landaise. J’espère que les pins aux longues blessures blanches auront pour vous le même parfum puissant que j’ai ressenti en retraçant leurs formes viriles. Qu’on me pardonne cette fois l’abandon de la vigne qui vient mourir au pied du pin ; je l’avais, lors du Congrès de Bordeaux, chantée comme il se doit.
Et vous, mes camarades du Centre, c’est un paysage de la Basse-Corrèze que vous allez découvrir sur le thème de l’arbre et de l’eau, celui d’un saule magnifique se penchant sur la Dordogne puissante. Je n’ai pas résisté à la beauté de cette image hivernale, espérant par là-même rendre un juste hommage à notre nouveau Secrétaire général, Henri POMPIER. Ce n’est pas le culte de la personnalité, c’est l’image, devant la force égale et paisible de l’élément, de l’homme calme, obstiné au travail, du camarade solide et de l’ami fidèle.
Voilà, mes camarades, les sentiments qui m’ont guidé au cours de la soixantaine d’heures consacrée à la part qui m’incombait dans la réalisation de la nouvelle image de notre Greffier.
Nul n’est certain du résultat de ce qu’il entreprend, et l’artiste, sans doute, moins que tout autre. »
 
(extrait du Greffier Municipal N° 292 du 3e trimestre 1979 rédigé par Paul CHAUSSEBOURG, Secrétaire général de 1964 à 1970)
 

 
Les années passant, et suite à de nombreux regroupements, l’évocation des Régionales n’avait plus vraiment de raison d’être.
Voilà pourquoi le Conseil syndical sorti des élections de 2003 à Etaples-sur-Mer entreprit de moderniser ma couverture, en la rendant plus branchée, l’ère informatique aidant.
C’est ainsi qu’après plusieurs propositions formulées par notre camarade Gérard MARCHADOU, l’on opta pour une cartographie nationale reprenant nos sigles et l’évocation de la plume d’oie et l’encrier.
Jean CARRE , actuel Secrétaire général, insista pour que le panneau signalétique mariant notre école à notre mairie apparaisse en bonne et due forme, alors que notre devise « enseigner, éduquer, administrer servir » trône en belle place.
  

 
Oui, c’est un long roman réconfortant que nous avons écrit dans nos Greffiers. Des générations y ont inscrit le résumé de leur lent et patient travail depuis la création du journal au lendemain de la guerre 1914-1918.
Qu’elles qu’aient été les couvertures du Greffier : secrétaire débordé, encrier à la plume d’oie, châtaignier séculaire, images régionales ou look moderne, c’est toujours la même œuvre sérieuse et souvent talentueuse qu’elles enserrent.
A travers cette œuvre, nous devons honorer la mémoire de ceux qui furent les pionniers et qui nous ont quittés sur le chemin. Ceux qui accomplissent dignement leur tâche au village et ceux qui ont la charge d’administrer le Syndicat se rejoignent dans le même service et le même idéal.
Au travers de tous ces Greffiers et de toutes ces couvertures différentes, nous adressons l’expression de notre gratitude et notre témoignage de fidélité à nos camarades, à ceux d’hier comme à ceux d’aujourd’hui, à ceux qui sont partis comme à ceux qui demeurent, à vous tous, amis S.M.I., qui portez les espoirs du présent et du devenir.
 
(Nos remerciements à Michel ROCHE, Michel BERNARD, Maurice GODDARD , Luc MEUNIER et Roger GUILHOT pour les couvertures de 1922 à 1979 )
 
Patrick BACHMANN
Chargé de la mémoire collective

 
 

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