Page publique
www.syndicat-smi.fr
SYNDICAT NATIONAL DES S.M.I.
http://www.syndicat-smi.fr/public/perso/img-r57-a32.jpg

sous menu
MéMOIRE COLLECTIVE
► AG AMIENS GLISY
► Histoire du Greffier Municipal
► Les secrétaires généraux et les congrès des S.M.I.
► Les secrétaires généraux et les congrès (suite)
► Mémoire collective AG 2017
► Les secrétaires généraux et les congrès (suite)
► La marche des S.M.I.
► Congrès 1969 ORLEANS
► Condorcet
► DENIZE
► DEBAYE
► Vie de notre Syndicat
► AG de CHARTES 2015
► AG AMIENS 2016
► Testament

calendrier
Mois précédent Septembre 2019 Mois suivant
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
Cliquez sur les cases rouges pour afficher l'évènement du jour.
Rechercher : http://www.syndicat-smi.fr/public/img/loupe.gif

AG de CHARTES 2015


M É M O IR E    C O L L E C T I V E

Michel GOTTRAND


 
Chers collègues,
J’ai toujours le même problème au moment de me mettre à rédiger mon article de mémoire collective : quel sujet vais-je bien pouvoir traiter? Pour aujourd’hui, je me suis isolé dans un coin de la maison et j’ai étalé sur la table une dizaine de Greffiers des années 70 (des « seventies » comme on dirait maintenant à la mode anglo-saxonne …). C’est une époque que les plus anciens d’entre nous ont bien connue en tant que S.M.I.
Dans les Greffiers, on retrouve des thèmes récurrents comme les éditoriaux, les comptes rendus d’AG, les articles relatifs aux traitements, au contentieux, à la trésorerie, au routage, aux différentes réformes mises en place (intercommunalité, réformes administratives diverses, motions en tous genres)… Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse quoique parfois on y trouve des choses originales, voire  inattendues. Je vous propose aujourd’hui trois articles intéressants à des titres divers.
Le premier qui a attiré mon attention, daté du 9 juin 1970, est intitulé : « Histoire de celui qui ne voulait pas être secrétaire de mairie ». À lire ce titre, je n’aurais jamais pu deviner qui en était l’auteur, ce dernier n’étant rien moins qu’un ancien Secrétaire général national de notre syndicat et non l’un des moindres puisqu’il s’agit de Paul Chaussebourg qui dirigea les SMI de 1964 à 1970.
Je me suis donc lancé dans la lecture de cet article dans lequel on retrouve le style de Chaussebourg, sa « poétitude » diraient maintenant certains pour « faire bien ». Je ferai mettre l’intégralité de cet article sur notre site afin de ne pas le dénaturer. Notre glorieux aîné nous raconte comment il a découvert, tout enfant qu’il était pendant la première guerre mondiale, l’univers d’une mairie dans lequel il a été entraîné à jouer en suivant des camarades. Cet univers l’avait, à cette époque, frappé par son mystère et son austérité et l’enfant qu’il était ne pensait jamais y faire ultérieurement une carrière pendant trente-six ans.
Je cite : « Les jours de pluie, nous furetions sous les préaux et quelquefois dans la mairie. […] J’y pénétrais toujours avec circonspection, considérant avec méfiance les rideaux de l’isoloir qui me faisaient penser au confessionnal de l’église. Il y avait […] sur les murs de grandes affiches et des portraits moustachus ou barbus dont les regards nous suivaient indifféremment du haut de leur dignité compassée. J’ignorais encore qu’elle était celle des Présidents de la République.
Il y avait surtout la grande table ovale couverte de papiers et de cachets auxquels il nous était interdit de toucher. Notre domaine restait les coins d’ombre de la grande salle, ceux qui, par delà les armoires et les vieux drapeaux, portaient avec leur poussière et les araignées tranquilles une part du mystère des grandes découvertes qu’on peut faire dans les greniers. »
Il relate ensuite son parcours de normalien et rapporte la phrase prononcée un jour par son oncle et qui orientera définitivement sa carrière : « - Alors mon neveu, tu veux être Maître d’École ! Il faudra que tu sois aussi Secrétaire de Mairie !... - Secrétaire de Mairie ! jamais je n’y avais pensé! Personne encore à l’École Normale n’avait prononcé le mot … et voilà que, brusquement, dans l’œil de l’oncle, je lisais ce que pouvait être mon destin. »
Après quelques considérations sur cette fonction de secrétaire de mairie et les qualités qu’elle pouvait nécessiter, notre ex SGN en arrive à l’épilogue prononcé à la fin de sa troisième année par le Directeur de l’EN : « On n’a pu vous réserver qu’un seul poste et vous devrez assurer le Secrétariat de Mairie. »À cette époque, c’était carrément une obligation, morale tout au moins.
Paul Chaussebourg relate ensuite, avec des mots tout empreints de sa coutumière poésie, ses débuts dans la carrière, débuts laborieux et parfois mêlés, sinon de regrets, de quelque amertume : « Dirai-je aussi combien, aux jours d’été, je maudissais la Mairie quand les chevesnes étaient sous les branches, au bord des roches, dans les courants de la Blourde, prêts à sauter sur la sauterelle tentatrice… »
 Je ne connaissais pas le terme « chevesne ». Après une recherche rapide (sur Internet, bien sûr, j’ai comme beaucoup laissé de côté le bon vieux Larousse!), j’ai appris que ce poisson d’eau douce était fréquent partout en France sauf en Corse, dans le Finistère et dans … le Nord-Pas-de-Calais! Ouf! Mon ignorance pouvait donc s’expliquer et mon amour propre était sauf.
Voilà pour le premier article que je voulais signaler. Le second est d’un tout autre ordre, beaucoup plus anecdotique diront certains, voire même fantaisiste. Son intitulé semble quelque peu énigmatique : « Le courrier à deux vitesses et les S.M.I. » Il est signé de René Gosse qui était à l’époque secrétaire et rédacteur du Greffier. L’instauration du courrier à deux vitesses date de janvier 1969 et cette réforme, comme maintes autres a, semble-t-il, posé problème à nos anciens collègues, et certainement pas aux seuls SMI.
René Gosse accuse la France d’avoir copié sur sa voisine l’Angleterre en instaurant ce double tarif (0,40 F pour un acheminement rapide, 0,30 F pour un autre dit lent).
Dès les premières lignes, l’auteur de l’article s’insurge : « N’est-il pas aberrant, au siècle de la vitesse, au siècle de la fusée, de l’atome, de l’avions toujours plus rapide de l’auto encore plus vite, … d’inscrire en toutes lettres sur nos missives : « PLI NON URGENT », et de voir sur les boîtes postales la même inscription, déplacée, inepte, en notre temps… ». De nos jours, une telle réaction ferait sourire quand on connait les délais d’acheminement moyens actuels de notre courrier quotidien, même celui en tari dit « rapide ».
Et quelques lignes plus loin, il en « remet une couche » : « Pour TOUS les plis confiés aux P.-et-T. les expéditeurs ont un unique souci : « acheminement le plus rapide possible, dans les meilleurs délais », et le vocale Pli Non-Urgent est, je le répète, ABERRANT. »
Il continue ensuite, sur le même ton, sur les modalités d’application de la réforme : « Le 13 janvier, rien n’était prêt, sinon les ordres. L’Administration n’aurait-elle pas dû prévoir l’approvisionnement suffisant et d’avance en timbres nouveaux à 0,40!!! (on en parlait depuis deux mois) […] Le 25 janvier, un guichet m’a vendu 200 timbres à 0,05 ce qui revient à coller 8 fois 0,05 pour 0,40, et au préposé postal à oblitérer 8 timbres au lieu d’un. »
Et si cela ne suffisait pas, il va argumenter, sous l’aspect de la plaisanterie, sur la forme du nouveau timbre : « Le TRI […] devait se faire aisément puisqu’on avait créé un timbre à 0,40 d’un ROUGE VIF facile à trier. NENNI! […] et ce rouge vif n’est en réalité qu’UN ROUGE QUELCONQUE, plutôt lie de vin, mais pas vif du tout, alors que le timbre lent à 0,30 est d’un beau vert… »
Puis il suggère une idée amusante à l’Administration : « pour les lettres rapides, un timbre représentant un avion, ou une auto de course, ou une fusée, […], pour les lettres lentes un timbre couleur estompée, bien qu’artistique […] représentant par exemple un escargot, symbole de la lenteur. »
Dans le paragraphe suivant, il analyse l’efficacité des 2 nouveaux rythmes d’acheminement, citant même le cas d’un courrier affranchi au tarif lent ayant été plus rapide qu’un autre affranchi à 0,40.
En conclusion, René Gosse pense comme d’autres que cette réforme masque une majoration notable des tarifs postaux et rien d’autre (le tarif à 0,40 n’existait pas avant 1969). Il cite enfin la Presse qui a qualifié cette réforme avec les mots « Quelle Pagaille! » et note que le jugement le plus sévère est celui du sénateur-maire de Rouen (qui devait être, je pense, Jean Lecanuet) qui déclare « que cette mesure est NÉFASTE (parce qu’elle complique le travail du tri sans pouvoir l’améliorer) et HYPOCRITE parce qu’elle introduit une augmentation qui n’ose pas s’avouer. »
Pour terminer son article, Gosse donne un conseil : « Camarades SMI, n’utilisez le timbre à 0,40 « LETTRE RAPIDE » qu’EXCEPTIONNELLEMENT.
Sur la forme, les propos de René Gosse ont bien vieilli, mais sur le fond, ils sont souvent encore d’actualité. Beaucoup d’évolutions et de réformes, depuis la nuit des temps, ont subi beaucoup de critiques lors de leur mise en place puis, avec le temps, sont rentrées dans les mœurs.
Je terminerai mon intervention de ce jour en relatant un dernier article paru dans le Greffier 284 du 3ème trimestre 1977 et intitulé : «  Un geste … une leçon ». Cet article constitue l’épilogue (heureux, comme on va le voir à plusieurs titres) d’une affaire contentieuse qui a duré plusieurs années et qui est tout à la gloire de notre syndicat et de son action.
Raymond DESACY, alors trésorier du fonds de solidarité, avait reçu de Mme Jougneau, veuve d’un de nos camarades de l’Yonne, un chèque de 5 000 F (500 000 A.F.). Craignant une erreur, il a retourné le chèque à l’expéditrice en lui faisant part de son sentiment.
La réponse de celle-ci, dont vous trouverez ci-après quelques extraits, a donc été publiée au Greffier :
« […] Non, il n’y a pas d’erreur, c’est bien cette somme de 5 000 F que, d’accord avec mes enfants, j’ai voulu verser au fonds de solidarité des SMI. Mon mari […] a été SMI de 1938 à 1976. En 1971 […], le maire décide de renvoyer le secrétaire pour « raison d’économie » mais il le remplace aussitôt par une employée « aux écritures » rémunérée!!!
 Le syndicat SMI se saisit de l’affaire et commence un long procès. En 1973, la commune perd au Tribunal Administratif ; elle fait appel et perd en 1975 en Conseil d’État. […] Le maire, refusant de réintégrer le secrétaire, l’affaire retourne devant le T.A. Elle se termine en mars 1977 mais mon mari est décédé en novembre 1976.
Mes enfants et moi avons reçu une seconde indemnité (au total, environ 5 millions anciens avec la première).
Je crois que je puis en enlever 5 000 F pour vous aider à soulager quelques collègues, en mémoire de mon mari. […]
Je garde une grande reconnaissance aux collègues qui s’occupent du contentieux, aux avocates. En souvenir de mon mari, acceptez ce don, tout simplement. […] »
Voilà un bel exemple de reconnaissance d’un adhérent envers son syndicat. Il y en a certainement eu d’autres depuis que notre syndicat existe, peut-être pas aussi généreux et financièrement conséquents, peut être aussi sous d’autres formes. Un simple courrier de remerciement parfois ne coûte rien mais fait toujours plaisir.
Nous avons tout à l’heure longuement discuté de la continuité à donner ou non à notre action. Les temps ont certes bien changé depuis les années 1970. Depuis plusieurs années, aucun cas de contentieux n’a été d’actualité. Pourrait-il d’ailleurs y en avoir encore puisque les derniers SMI actifs en mairie le sont, pour la très grande majorité d’entre eux, de par leur volonté certes, mais aussi de par celle du maire qui les emploie.
Néanmoins, soyons toujours vigilants, et faisons en sorte que ce genre de situation ne revienne sur le devant de la scène.
 
 

Copyright (c) 2005 - Tous droits réservés. http://www.syndicat-smi.fr/public/perso/enveloppe.jpg Nous contacter ImaWeb  &  A GE D I